Présentation

Marie Madeleine est une personnalité complexe. C’est à partir de témoignages épars et parfois contradictoires portant sur plusieurs femmes, qu’au VIe siècle, le pape Grégoire le Grand fait en elle la synthèse mystique de plusieurs figures évangéliques.

Elle est d’abord la pécheresse anonyme qui, lors du repas chez Simon le Pharisien, baigna de ses larmes les pieds de Jésus, les essuya avec ses cheveux et y répandit un parfum précieux. (Lc 7, 36-50).
Elle fut rapidement confondue avec Marie de Béthanie, la sœur de Marthe, la femme qui s’attacha à Jésus, le reçut dans sa maison et obtint de lui la résurrection de son frère Lazare.
Elle est aussi Marie de Magdala, qui fut délivrée par Jésus des démons qui l’habitaient (Lc 8, 2). Elle se tint aux côtés de la Vierge Marie lors de la Crucifixion et de la Mise au tombeau. C’est à elle que le Christ apparut en premier après sa Résurrection.
Parfois même on y ajoute une quatrième Marie : Marie l’Égyptienne, qui alla expier ses péchés dans le désert pendant quarante-sept ans. (un vitrail voisin lui est consacré dans les parties hautes de la nef, côté sud.)

Née en Orient, la dévotion à Marie Madeleine se propagea en Occident à partir du IXe siècle. Yves de Chartres (évêque de Chartres au XIe siècle) avait une grande dévotion pour cette sainte et favorisa l’expansion de son culte (prieuré de la Madeleine au Petit-Beaulieu à Chartres et prieuré de la Madeleine à Oisème).

Le fond bleu profond de ce vitrail fait ressortir trois grands cercles qui organisent le récit en trois parties où il s’agit chaque fois de mort et de résurrection.
Fidèles aux textes évangéliques, on trouve d’abord la mort et la résurrection de Lazare, puis la Résurrection du Christ qui forme la partie centrale de ce vitrail ; enfin, c’est la légende qui prend le relais pour nous présenter la mort et l’accueil au ciel de l’âme de Marie-Madeleine, évangélisatrice de la Provence.