A Chartres, au XIIè siècle, l’office capitulaire ne comportait que trois leçons empruntées au martyrologe d’Adon ; mais dès le XIIIè siècle, il en comportera neuf. La cathédrale de Chartres possédait en effet depuis 1120 une relique très importante, le chef de saint Théodore. Le corps du saint, rapporté de Rome par Geoffroy de Lèves, avait été déposé à l’abbaye de Josaphat.

Saint Vincent est beaucoup plus célèbre que Théodore. Sa vie est rapportée par les Poèmes de Prudence (348-415) ainsi que par les sermons de saint Augustin et c’est par ce biais que l’on connaît l’existence d’une « Passion », qui retrace son martyre.

Vincent est né dans la région de Saragosse en Espagne. Il fut élevé chrétiennement et acquit une solide instruction. Il était diacre et la tradition rapporte qu’il sut dominer les plus cruels supplices et que, malgré ses souffrances, il chantait, riait et répondait avec humour à son tortionnaire, ce qui fera dire à saint Augustin : « A travers cette ténacité, on discerne la puissance de Dieu.» Toutes ses souffrances transformèrent le supplicié en exemple et il fut très vite vénéré après sa mort (304). Saint Augustin et le Pape Léon ont recommandé avec les plus grandes louanges qu'on fasse mémoire de ce saint qui tomba néanmoins un peu dans l’oubli.

Les péripéties de la dispersion de ses reliques relancèrent l’intérêt pour ce saint. C'est dans ce contexte de rivalités cultuelles que se situe ce vitrail chartrain dédié à saint Vincent.

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